CesarBrown a écrit:
Bonjour,
Quelqu'un aurait-il cet "article" parru dans L'équipe ?
Merci.
https://www.lequipe.fr/Football/Article ... st/1672063Amis d'enfance, les Marseillais Ilan Kebbal et Hugo Magnetti se sont confiés sur le lien qui les unit le temps d'une visio, mercredi. Les deux joueurs s'affronteront à l'occasion de Paris FC-Brest, dimanche (17h15), dans le cadre de la 32e journée de Ligue 1.
Adversaires, dimanche, à l'occasion du match entre le Paris FC et Brest, Ilan Kebbal et Hugo Magnetti sont en réalité deux grands amis. Leur complicité remonte à l'enfance et à leur lieu de naissance commun, Marseille. Les deux milieux - le Parisien est offensif, le Breton défensif -, issus de la génération 1998, sont restés proches, puisque Magnetti était le témoin de mariage de Kebbal. Les deux ont lancé le match en visio, mercredi, et se sont pas mal charriés.
« Heureux de vous affronter dimanche ?
Kebbal : Cela fait plaisir, surtout pour la famille. Nos deux pères montent (de Marseille). Ils travaillent ensemble, dans des camions.
Magnetti : Nos mères sont comme soeurs aussi. Depuis petits, on part tout le temps en vacances ensemble. Ilan et moi, on était au Maroc l'été dernier.
Kebbal : Cet été, ça dépend. S'il n'y a pas de Coupe du monde (pour Kebbal), on partira ensemble. Sinon, on ne pourra pas. Petits, on allait tout le temps au camping. C'étaient les meilleures années.
Magnetti : Au city, on était un peu au-dessus des autres campeurs. Et là, il y avait beaucoup d'embrouilles.
Kebbal : Ils venaient pour nous faire mal. On jouait contre des personnes qui avaient 6, 7 ans de plus, qui mettaient des coups. Ça nous énervait. Mais c'était cool, on dormait ensemble dans le bungalow, les tentes. On se couchait tard. Mais Hugo se levait tôt, alors que moi, j'aime bien dormir.
Magnetti : Parfois, jusqu'à 13 heures, 14 heures, on l'attendait...
Kebbal : Je me réveillais, je disais à sa mère : "Où est Hugo ?" "Il est à la piscine". Et je le rejoignais.
Comment vous êtes-vous connus ?
Magnetti : Je jouais à l'OM et, une fois par semaine, Ilan venait faire des essais. Après, je suis allé à Burel et suis un peu plus resté avec Ilan. Mais on ne s'aimait pas du tout. Ce n'est que de fil en aiguille qu'on est devenus inséparables.
Kebbal : On avait 8 ans. Ce n'est pas qu'on ne s'aimait pas, mais parfois, on ne se parlait pas, on se disputait. Nos parents, eux, ont directement accroché. Petit à petit, Hugo venait à la maison, moi j'allais chez lui.
Magnetti : Et c'était parti. Mais, deux ou trois fois, il ne m'avait pas donné le ballon. J'avais fait des réflexions, lui aussi. Une fois, on a même pris un carton rouge tous les deux, les entraîneurs nous avaient sortis, on pleurait. Nos parents nous ont dit : "C'est la dernière fois".
Kebbal : On a fait le câlin. Depuis ce jour-là, on est devenus des frérots. Mais, moi, c'est vrai, j'étais piquant. J'avais horreur qu'on me fasse des réflexions. Et Hugo était le seul à me dire : "Arrête de me parler, toi !"
Magnetti : Il n'y avait que moi pour le calmer. Les autres ne pouvaient pas.
Vous alliez dormir chez l'un ou l'autre...
Magnetti : Quand on allait chez Ilan, on restait dehors jusqu'à tard le soir. On jouait au foot, on allait manger dans des snacks. Et on avait un rituel : le week-end, on regardait le catch. Après, on essayait de refaire les prises sur le lit. Kebbal : On a cassé des lits ! On dormait l'un chez l'autre parce qu'on jouait dans la même équipe, on partait au match ensemble du coup. J'étais déjà numéro 10.
Magnetti : Et moi défenseur central.
Kebbal : Après, quand on est passé à 11, c'était notre capitaine, il jouait latéral droit et il ne faisait que marquer des buts. Il me criait dessus, me disait : "Ilan, lâche la balle !" Mais il faut savoir que Hugo aussi gardait le ballon. Il ne faut pas le voir comme il est là, en Ligue 1.
Magnetti :Ilan a joué gardien aussi... C'était dans un tournoi, on devait avoir 12 ans, on avait changé les postes. À un moment, il fait le 6 mètres, on part lui et moi, on ne fait que des une-deux, et on marque ! Les adversaires ont pris le feu, c'est parti en bagarre.
Y a-t-il un trait de caractère que possède l'un que vous aimeriez avoir et, inversement, que vous n'aimez pas chez l'autre ?
Kebbal : Petit, j'avais un mauvais caractère. Je sais que pour Hugo, parfois, j'étais insupportable.
Magnetti : Pour tout le monde ! Il pouvait pousser les gens à bout. Mais, quand j'étais petit, j'aurais aimé avoir sa fougue. C'était une pile électrique. J'étais un peu plus calme.
Kebbal : Je l'ai bougé ! C'était le tout gentil qui restait de son côté. Maintenant, on se ressemble énormément sur le caractère. On est calmes, avec un bon coeur, on aime faire plaisir...
Vous vous envoyez trop de fleurs. On veut un dossier...
Magnetti : À Madrid, à l'hôtel (ils se marrent) ! Petits, un jour, on s'embrouille, et sans faire exprès, je postillonne sur son lit. Lui, comme c'est un enfant, il a cru que j'avais craché. De là, on a jeté des verres d'eau sur nos lits. Il était minuit, on ne pouvait pas appeler la réception pour changer de lit, donc on s'est retrouvés à dormir comme deux fous sur deux chaises toute la nuit.
Kebbal : Le lendemain, on ne se parlait plus.
Côté foot, avez-vous vécu par procuration la carrière de l'autre ?
Kebbal : Quand Hugo a commencé à jouer en L1 (lors de la saison 2019-2020), c'est comme si j'avais réussi moi aussi. Et après, le jour où j'ai démarré (en 2021 avec Reims), c'était le Graal. On n'aurait jamais pu rêver mieux que de jouer l'un contre l'autre en L1.
Magnetti : Quand j'étais en centre de formation, je vivais un peu mal le fait qu'Ilan n'y soit pas. Il est resté dans le foot amateur alors qu'il avait 200 fois le niveau pour être en centre. Quand Ilan a commencé à jouer en pro, c'était comme si j'avais re-signé pro.
Pourriez-vous rejouer un jour sous le même maillot ?
Kebbal : Il y a deux ans, j'étais en discussion avec Brest. Et je voulais y signer pour jouer avec Hugo. C'était en L1, il y avait la Ligue des champions. Je lui ai dit : "Frérot, t'imagines ?" Finalement, le Paris FC voulait me garder. Mais ç'a failli se faire. Je ne sais pas si on jouera ensemble un jour, mais bon, le fait de jouer tous les deux en Ligue 1 est déjà exceptionnel.
Magnetti : En tout cas, ce serait un rêve de jouer ensemble.
Dimanche, on imagine que vous échangerez vos maillots...
Kebbal : J'ai tous ses maillots, moi. Plus tard, je les accrocherai. Quand il a marqué en Ligue des champions(2-1 contre Sturm Graz, le 19 septembre 2024), c'est comme si j'avais marqué. J'ai le maillot collector de Hugo Magnetti ! Donc là, oui, on va se les échanger direct.
Magnetti : Mais c'est Brest qui va l'emporter, évidemment. C'est un match qu'on veut à tout prix gagner. En plus, contre Ilan...
Kebbal : Moi, pareil, j'espère une victoire 2-1. Avec un but de Hugo quand même. »