2 Jan 2016

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Rétro : chronique d’une flamme qui s’éteint

Rétro : chronique d’une flamme qui s’éteint

Expatrié dans le centre de la France, à 6h de la pointe finistérienne, je tente de suivre et de supporter le Stade Brestois cette saison. Et force est de constater que cela devient un peu plus difficile chaque semaine. Retour sur quelques moments significatifs de ma première partie de saison.

J1: Auxerre 0-0 Brest

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Bon. Après trois mois de coupure, à digérer l’immense déception de la non-montée et la fuite de tous les cadres de cette équipe bâtie pour l’accession, à suivre de loin les rumeurs et les arrivées, et sans avoir vu le moindre match amical, tentons de faire table rase du passé et contre mauvaise fortune bon cœur. Rendez-vous donc, pour ce premier match officiel de la saison, à Auxerre, qui n’est qu’à 3h de route. Les quelques fidèles présents en parcage garderont le souvenir d’une prestation prometteuse, ponctuée de quelques énormes occasions ratées et d’une entrée en jeu pleine de bonne volonté de Melvin Platje, la recrue phare de l’été. Allez, c’est loin d’être le nirvana, mais on repart sur de bonnes bases

Coupe de la Ligue : Brest 2-2 Bourg-Péronnas (3 tab 5)

La traditionnelle élimination au premier tour de la « Coupe Moustache », rituel établi depuis 8 ans à Brest, est cette fois-ci illuminée par une déclaration exceptionnelle de Maxime Brillault, le supposé nouveau pilier de la défense, qui trouve une excuse invraisemblable pour justifier l’erreur qu’il a commise sur l’ouverture du score adverse…

J3: Nancy 3-0 Brest

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24 h de route aller-retour depuis le Finistère, un rouge dès la 26e minute, trois buts dans la musette dès la première mi-temps, une équipe trimbalée comme jamais dans un stade en liesse et un entraîneur qui déclare après le match qu’on « ne boxe pas dans la même catégorie que Nancy ». La saison sera peut-être pus longue que prévue…

J6: Brest 2-1 Lens

Notre premier match de la saison sur Eurosport, notre diffuseur officiel de la saison passée, manifestement moins motivé à suivre le club cette année, on se demande pourquoi… Une victoire qu’on pourra qualifier de miraculeuse au vu du nombre d’occasions vendangées par Lens. Mais l’événement de la soirée est ailleurs : à la mi-temps, Youssef Adnane se paie le luxe d’une interview fracassante au micro de l’un des hommes de terrain de la chaîne, qui ne laisse plus de doute sur ses intentions et l’ambiance en coulisses…

J8: Brest 1-1 Niort

Convié à une soirée jeux chez des amis, je loupe mon premier match du SB29 depuis janvier. Ah bah d’ailleurs, le dernier match que j’avais manqué à l’époque, c’était aussi un Brest-Niort mémorable (0-0…). Il y a quelques années, voire quelques mois, je me serais rongé les sangs (oui, oui, même pour un Brest-Niort), j’aurais passé ma soirée à zieuter mon portable pour suivre l’évolution du score… Là, j’en suis arrivé à un point où j’en oublie même qu’il y avait un match et c’est l’un de mes amis qui m’informe du résultat final (1-1, pour info)…

J9: Red Star 1-0 Brest

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Bon allez, OK, Nancy ne boxe pas dans la même catégorie que nous, donc pour mon deuxième déplacement de la saison, je choisis de me rendre à Beauvais, en me disant qu’on a ptêt’ plus de chances de battre le modeste promu parisien, 14e au classement et qui ne s’est pas encore imposé dans l’antre qui l’accueille cette saison, son historique stade Bauer n’étant pas homologué pour la L2. Et puis, ce n’est qu’à 3h30 de route, donc on peut s’arranger pour finir un peu plus tôt au boulot… Las, c’était sans compter ces foutus bouchons sur le périph’ parisien qui me font louper le début du match. Heureusement, j’arrive à la 20e minute, juste à temps pour assister à la sortie sur blessure du grand, que dis-je, de l’immense Mamadou Samassa, qui revenait tout juste.. ben, de blessure. Le running-gag ne s’arrête pas là, puisque son remplaçant, Melvin Platje, est lui-même remplacé à l’heure de jeu par William Sea ! Lui ne s’est pas blessé, il a juste été comme d’habitude : transparent. Effet immédiat : sur sa première et seule occasion du match, le club de Saint-Ouen ouvre le score devant… 983 spectateurs en liesse. Un but qui ne change pas grand chose du côté des Brestois, qui auront passé 90 minutes à trottiner en attendant que des occases se créent toutes seules. Bizarrement, ça n’a pas marché. Et bizarrement, alors que j’avais encore prévu tout un tas d’escapades pour suivre le Stad’ en championnat cette saison, ce déplacement est le dernier que j’ai effectué cette saison. Et probablement avant un bon bout de temps.

J10: Brest 1-1 Metz

PHOTO PATRICK TELLIER/LE TELEGRAMME. BREST (29)

PHOTO PATRICK TELLIER/LE TELEGRAMME. BREST (29)

Allez, comme c’est pas tous les jours qu’un match tombe le jour de mon anniversaire, je décide de rentrer au pays pour m’offrir un choc de haut de tableau face au deuxième du championnat, diminué par de nombreuses absences. Après avoir dominé en vain la semaine précédente chez le Red Star, Brest fait cette fois le choix d’abandonner le ballon à son adversaire. Ce qui nous donne, en première mi-temps, un hallucinant 70% de possession du ballon pour Metz dont le gardien joue presque sur la ligne médiane… Acculés dans leur camp par la meilleure équipe à l’extérieur, les Brestois ouvrent le score contre le cours du jeu par un superbe but de Pelé juste avant la mi-temps. Puis encaissent l’égalisation au retour des vestiaires. Au final, malgré deux énormes occases encore ratées par Platje, l’impression qui domine est celle d’un résultat heureux au terme d’un match passé en bleu de chauffe à refuser le jeu. A ce jour, il s’agit de ma dernière apparition à Le Blé. Grand souvenir, donc.

J12: Brest 1-2 Valenciennes

Jour de dilemme. Pendaison de crémaillère chez une collèk’ prévue à 21h, mais une petite flamme rouge et blanche continue de luire, et m’incite à négocier mon heure d’arrivée… D’autant qu’en face, c’est VA, quoi, une équipe qui nous réussit plutôt bien et qui n’a toujours pas gagné un match à l’extérieur cette saison. L’occasion idéale donc pour enfin enchaîner un deuxième succès après notre première victoire loin de Le Blé à Créteil la semaine précédente. Les deux buts copiés-collés du dénommé Slidja en l’espace de trois minutes (33e, 36e) face à une défense apathique m’enlèvent d’un coup tout scrupule à louper cette énième purge qui s’annonce

Coupe de France (7e tour) : La Montagnarde 0-3 Brest

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De retour en Bretagne pour un week-end et n’ayant plus que très rarement l’occasion d’assister à un match de Brest, je décide de me rendre à Inzinzac-Lochrist au lendemain des attentats parisiens, malgré le climat pesant et même si le cœur n’y est pas. Dans un stade Mané-Braz copieusement garni mais dans une ambiance feutrée, les Brestois font une entrée très timide dans la compétition et se font sérieusement bousculer par les joueurs de DH. Ils ouvrent cependant le score sur leur seule vraie occase de la première période, grâce à un retourné acrobatique de Sea, l’ancien de la maison (30e). Puis souffrent, encore, longtemps. Jusqu’à l’entrée en jeu d’Alphonse, qui clôt le suspense à dix minutes de la fin, imité par Cuvilier dans les arrêts de jeu, face à de vaillants amateurs carbonisés, qui n’y sont plus. Sans gloire et sans démontrer grand chose, Brest a fait le job.
Je me rends compte que je n’ai toujours pas revu les buts, même un mois et demi après. Ils sont pourtant sûrement passés dans l’une des émissions de Tébéo, mais ça fait bien longtemps que je ne pense même plus à les regarder…

J15 : Le Havre 0-0 Brest

Deuxième match sur Eurosport, et encore une fois, 90 minutes à subir les attaques adverses et à compter sur des exploits de Hartock pour ramener quelque chose. Rayonnant au micro d’Eurosport à l’issue de la rencontre, « Sir Alex » se satisfait d’une « victoire du cœur » dans un lapsus qui veut tout dire… Bonjour l’ambition.

Coupe de France (8e tour) : Saint-Brieuc 2-0 Brest

Encore une fois de passage en Bretagne pour un week-end, je décide de poursuivre l’aventure en coupe et d’aller découvrir le stade Fred-Aubert. Je ne vais pas être déçu. Supporters brestois privés de déplacement, état d’urgence oblige ; interdiction de faire entrer mon appareil photo dans le stade ; prestation désastreuse des hommes d’Alex Dupont, lequel croit intelligent de vouer les trois jeunes qu’il avait titularisés aux gémonies en les sortant à la mi-temps ; et une heure et demie à subir le chambrage et les moqueries des supporters briochins derrière les buts. La magie de la coupe dans toute sa splendeur.

J18: Évian 0-2 Brest

Devant l’écran de mon ordi, j’assiste, cette fois, à une victoire nette, sans bavure. Mais aussi, sans aucune joie, sans aucune émotion, face à un adversaire manifestement aussi concerné que nous quelques jours plus tôt à Saint-Brieuc. De manière générale, les quelques succès auxquels j’assiste désormais se rangent généralement en deux catégories : celles, heureuses, glanées grâce au réalisme d’Adnane (Ajaccio, Sochaux) ; et celles obtenues face à des adversaires d’une telle faiblesse qu’il est difficile de les considérer comme significatives (Nîmes, Créteil, Tours, Évian…) D’autant plus quand on sait qu’elles seront systématiquement suivies d’autres purges, le club n’ayant pas aligné deux victoires depuis plus d’un an…

J19: Brest 1-2 Clermont

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Jour de départ en vacances. 6h de route à faire jusqu’à Brest. Départ prévu sur les coups de 15h, l’objectif étant d’arriver au moins à la mi-temps à Le Blé pour retrouver les potes et la famille en tribune et assister à une partie du match. Fut un temps où j’étais malade de louper la moindre minute d’un match. Où je faisais crépiter les radars de la RN12 pour arriver à l’heure au stade afin d’assister à des chocs capitaux contre Lyon ou Valenciennes en L1. Tout cela est bien loin, désormais. Je multiplie les pauses sur le trajet ; je prends mon mal en patience dans les bouchons, sans aucune nervosité. Arrivé à hauteur de Lorient, texto du frangin qui m’informe qu’il a dû quitter le stade avec mon père dès la 20e minute. Abonnés en kop, ils ont refusé d’assister au match assis aux côtés des 6.000 invités silencieux du Crédit Mutuel Arkéa. Écoeurés par l’attitude d’une sécurité menaçante, ils ont préféré rentrer à la maison, dégoûtés. Ironie de l’histoire, il s’agissait presque des seuls supporters ayant décidé de passer outre l’appel au boycott des différents groupes de supporters pour venir encourager leur équipe… Mais la fidélité ne représente manifestement plus grand chose pour le Stade Brestois.