3 Sep 2016

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Retour sur le bel été brestois

Retour sur le bel été brestois

Le mois d’août a laissé sa place (trop rapidement diront certains) au mois de septembre. Synonyme de rentrée des classes, de journées plus courtes, de retour au boulot, il n’en demeure pas moins un mois charnière pour le Stade Brestois, qui a eu l’excellente idée de profiter de l’été pour accumuler les points dans son championnat.

Nous avons décidé de vous proposer un résumé de ce bel été qui a déjà vu 7 matchs de compétitions (5 en L2, 2 en Coupe de la Ligue).
Le principal objectif du club cette année, est de bien figurer en « Domino’s Ligue 2 ». Si le naming prête à rire, il s’agit toujours d’une compétition compliquée et probablement encore plus relevée et homogène que l’an passé. Les montées de Strasbourg et Amiens, clubs habitués aux joutes du football professionnel ajoutées aux descentes du Stade de Reims, de Troyes et du GFC Ajaccio sont un gage de sérieux et de solidité.

A Brest, nous le savons, la préparation a été de bonne facture en terme de résultats. Les matchs amicaux ont plutôt rassuré et donné quelques certitudes (5 victoires et 1 nul). Toutefois, le recrutement fut assez tardif, de nombreux joueurs ne signant au club que fin juillet, avec des états de forme disparates. C’est donc avec un effectif renouvelé à presque 50% que le Stade a entamé son championnat le 29 juillet face au Gazelec Ajaccio, composant lui aussi avec un effectif presque totalement neuf.

Depuis cette première rencontre, nous pouvons dresser un premier bilan. D’un point de vue comptable, la recette est bonne. 11 points sur 15, une première place au classement. Le Stade se paye même le luxe d’être meilleure attaque du championnat (10 buts marqués, 5 buteurs différents, Maupay 4, Grougi 2, SJM 2, Labidi 1, Battocchio 1).
Au-delà des bons résultats, tâchons de comprendre cette réussite, qui fuyait le club l’an dernier.

Une équipe qui sait voyager.

Ce sont les résultats à l’extérieur qui illustrent le mieux le changement par rapport à la saison passée. Alors qu’il avait fallu attendre le 16 octobre (11ème journée !) et un déplacement à Créteil pour remporter le premier succès hors de Francis Le Blé, cette année le second déplacement fut le bon, avec en prime un match enthousiasmant ! (0-3 face au Red Star). Un succès qui s’explique notamment par la vigueur offensive brestoise, absente ces 3 dernières années.

D’autre part, une des forces de cet effectif est de ne jamais abandonner, même quand les situations paraissent désespérées. Le symbole le plus fort de cette abnégation est le récent match à Bonal. Menés 2-0 à la 90ème minute, les rouges sont parvenus à puiser dans leurs dernières ressources pour arracher une égalisation, pas forcément imméritée mais totalement inespérée. Pas de doute, ces Brestois sont (pour l’instant) sur un vrai nuage.

Désormais, Brest aime le ballon.

Le discours du coach est suivi des faits. Nous avons étudié chaque match un par un, et les chiffres sont éloquents. A part à Ajaccio, Brest a toujours eu une possession de balle supérieure à celle de ses adversaires, autant à domicile qu’à l’extérieur. (58% face à Valenciennes, 57% à Sochaux, 61% au Red Star, 53% face à Orléans et « seulement » 47% de possession à Ajaccio). Cette possession est déjà rassurante sur les volontés de Jean-Marc Furlan, mais elle est d’autant plus encourageante qu’elle s’accompagne d’une bonne animation offensive comme en atteste la petite statistique ci-dessous.
38. C’est le nombre de tirs tentés par les joueurs de Jean-Marc Furlan, soit 7,6 tirs par match.

Bien entendu, c’est une chose d’être offensif mais cela ne suffit pas à marquer et encore moins à gagner. Mais pour s’assurer les buts, Brest a réalisé un joli coup lors du mercato estival : Neal Maupay, prêté par Saint-Etienne. Avec 4 buts en 5 matchs, il est le deuxième meilleur buteur du championnat et semble bien parti pour remporter le titre de « meilleur joueur du mois d’Août ». Un buteur est toujours très difficile à trouver comme en atteste les récents échecs des dernières années (Platje, Samassa, Koubemba …), et il faut donc saluer la cellule de recrutement pour ce qui semble être une très bonne pioche.

Grand début de saison brestois, notamment grâce à une attaque retrouvée.

Grand début de saison brestois, notamment grâce à une attaque retrouvée.

Un groupe, plus qu’un onze.

Jean-Marc Furlan, dans ses longues proses en conférence de presse, insiste sur le fait qu’il fait confiance à son banc. Les joueurs le lui rendent bien, puisque 3 des 10 buts marqués cette année l’ont été par des joueurs entrés en cours de jeu. (2 buts de SJM et un but de Labidi, sur une passe de Monrose). Autre preuve que cette équipe de lâche rien, 5 buts ont été inscrits après la 75ème minute ! Alors forcément, cette équipe dégage quelque chose. Mieux : elle communique de l’émotion, comme en atteste l’ambiance survoltée sur la fin de match face à Valenciennes (3-2), malgré un stade plutôt dégarni. Là encore, c’est un souhait de Jean Marc Furlan qui semble se réaliser.

« Ce qui me préoccupe le plus à l’heure actuelle, c’est de savoir comment transmettre de l’émotion au stade, poursuit Furlan. Quand les mecs viennent au match, il faut qu’ils se disent, putain je ne sais pas ce qui va se passer mais ça va être chaud ».
Dans les colonnes du Télégramme, Furlan faisait des promesses aux supporters. Et pour le moment, il faut bien dire qu’il ne s’est pas moqué du monde. Les deux matchs à domicile ont été des parties à rebondissements. (une victoire face à Orléans après avoir été mené 1-0 puis une victoire 3-2 face à VA).

Nous avons vu une véritable communion entre les joueurs et les supporters, notamment après la victoire contre Valenciennes dont le symbole le plus notable est le retour du chant « Ici c’est Brest », héritage de la bande à Poyet. Pour notre plus grand plaisir. Les supporters, trop longuement martyrisé par Alex Dupont en Ligue 2, semblent aujourd’hui vouloir y croire. Ils peuvent.

Rythme de champion ? Oui, mais…

Loin de nous l’envie de s’enflammer (quoique…). On le sait, la route sera longue. On a toutefois trouvé amusant de faire un comparatif du classement à la 5ème journée par rapport à celui de l’an dernier au même moment.
Stupeur ! Les trois clubs sur le podium après 5 journées sont aujourd’hui … en Ligue 1. Gardons nous de tout pronostics, les matchs qui comptent, ceux qui font les différences et sacrent les champions, sont ceux de la fin de saison comme ne cesse de le répéter Jean-Marc Furlan en conférence de presse.

Toutefois, si ce beau tableau ne dépeint que des faits, il ne faut pas oublier que tout n’est pas parfait. Tirer un bilan après 5 matchs de championnat peut s’avérer un peu présomptueux. Aussi, l’équipe n’a pas outrageusement écrasé ses rencontres. Les victoires contre Orléans et Valenciennes ont été obtenues au forceps, alors que le nul à Sochaux relève du quasi-miracle. Seul le match face au Red Star fut une véritable démonstration dans le jeu. Alors évidemment, ce match ne doit pas être occulté mais les failles aperçues lors des autres matchs non plus.

Un poste est aujourd’hui réellement source d’inquiétude, celui de latéral gauche. Il est pour l’heure occupé par Louis Nganioni, qui ne rassure pas tellement les observateurs. On sait que Brest a tenté de recruter Samuel Souprayen (Hellas Verone, Série A), mais malgré l’accord entre les deux clubs, le joueur n’a pas souhaité rejoindre la cité du Ponant. Ali Keïta, toujours sous contrat, n’entre pas dans les plans du staff. Doumbia lui a d’ailleurs été préféré face à Lorient en amical (défaite 1-0). Toutefois, cela semble être une solution temporaire et le mercato n’est donc pas totalement réussi : outre une vraie doublure (voire un titulaire?) au poste de latéral gauche, on peut considérer qu’il manque également un numéro 6 supplémentaire puisqu’Eric Tie Bi a été écarté. Mais attendant qu’une solution soit trouvée, que ce soit lors de la période des jokers ou cet hiver, Brest pourra se vanter d’avoir la possibilité de faire du bricolage de luxe : entre Faussurier, excellent au milieu comme aux deux postes de latéral, Labidi ou Lavigne, Brest a un effectif aussi polyvalent que talentueux.

Que ce soit au milieu ou au poste de latéral, Julien Faussurier fait un formidable début de saison. (Crédits photos : Olivier Stéphan pour le Facebook du Stade Brestois 29)

Que ce soit au milieu ou au poste de latéral, Julien Faussurier fait un formidable début de saison. (Crédits photos : Olivier Stéphan pour le Facebook du Stade Brestois 29)

Nul doute, il y aura des progrès.

Talentueux, mais pas forcément encore prêt. En atteste les difficultés défensives : avec une moyenne de 1 but par match concédé, Brest n’a pas encore le rendement défensif espéré et . Outre l’arrivée tardive de Diallo, déjà suspendu après de belles performances, d’autres facteurs n’aident pas : Chardonnet a un bras en attelle et Castan ne parle pas encore la langue, malgré des premières performances satisfaisantes. Belaud tarde lui aussi à retrouver son meilleur niveau sur le plan défensif, malgré un bel apport offensif (2 passes décisives). Si la situation est loin d’être catastrophique, des progrès sont attendus et nul doute qu’ils se feront lorsque les joueurs retrouveront le rythme et leurs repères.

Ce constat peut d’ailleurs s’étendre à l’ensemble de l’équipe et pas uniquement au secteur défensif. En effet, l’effectif brestois s’est constitué au fil des jours et des semaines, les etats de formes de chacun étant donc parfaitement hétérogènes. Des joueurs comme Lavigne, Coeff, Labidi peinent encore à s’affirmer et à trouver leurs marques. Cristian Battocchio, malgré son but splendide contre Valenciennes, semble également avoir du mal à s’adapter au nouveau schéma de jeu.

Mais ces petites inquiétudes sont tempérées par un fait évident : la marge de progression est réelle. Outre cela, le jeu nettement plus emballant et l’état d’esprit du groupe  nous donne envie d’y croire, envie de croire au changement, et d’adhérer au projet du nouvel architecte qu’est Jean-Marc Furlan. Celui-ci a bien entamé l’opération séduction de fort belle manière, et nous sommes persuadés qu’elle continuera ainsi.

Rendez-vous vendredi 09 septembre pour la réception de Clermont. Allez-Brest !!



  • N _O

    Très bon article. On peut ajouter que le mois de septembre devrait permettre d’y voir plus clair, avec des adversaires plutôt relevés : Clermont, Auxerre, Le Havre et Reims.

  • Jhenri Gaule

    Effectivement excellent article… Merci, pour ceux qui sont éloignés de la pointe du Finistère, de nous enrichir de ces analyses pertinentes. Le groupe est la notion essentielle. Gageons que JM Furlan et l’ensemble de son staff continuent d’encadrer cette équipe jeune et talentueuse dans un LE BLE « rougeoyant » d’encouragements !!