8 Nov 2015

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On a presque envie d’y croire.

On a presque envie d’y croire.

En situation délicate après un début de saison compliqué, symbolisé par cette défaite à Dijon sans réellement se battre, les Brestois devaient gagner pour se faire pardonner mais surtout pour se donner un peu d’air. C’est chose faite avec cette victoire 3-0, score certes flatteur mais qui fait tout de même plaisir. Pour autant, il ne faut pas croire qu’une victoire 3-0 à domicile suffira pour effacer les balafres infligées par Alex Dupont à la ferveur brestoise. Il faudrait une 2ème partie de saison exceptionnelle et ne serait-ce qu’un mea culpa de celui-ci. Si le doute est plus que permis quant à une éventuelle remise en cause de lui même, nous avons tout de même plus d’espoir sur les résultats à venir. Explication.

Une défense de nouveau sereine.

Vendredi soir, le Stade Brestois a renoué avec la tradition de l’an passé : le clean-sheet. Le 3ème à domicile cette saison, qui est d’autant plus rassurant que c’est bien défensivement que l’équipe avait failli à Dijon mais également lors de la réception de Valenciennes. La titularisation de Gregory Lorenzi, malgré ses lacunes physiques, a fait du bien, à la défense brestoise tant en termes de communication que d’expérience. A ses côtés, le capitaine Simon Falette a lancé un joli pied de nez aux médias l’ayant pris pour cible en livrant une très belle prestation malgré un carton jaune (immérité). Sur les côtés, Bélaud a montré que le match face à Dijon n’était qu’un accident et a renoué avec ses belles performances. Enfin sur le flanc gauche, Ali Keïta semble prendre la mesure de la Ligue 2. Nettement plus intelligent qu’en début de saison, il fait le travail sans excès mais le fait de mieux en mieux. C’est prometteur. Seule ombre au tableau : Johan Hartock. Auteur de plusieurs bonnes performances en ce début de saison, vendredi il a passé un match très calme grâce à ses défenseurs. Mais il s’est illustré par un jeu au pied catastrophique, ce qui n’était pourtant pas le cas en ce début de saison. Allez, on va mettre ça sur le compte du brouillard…

Toutefois, il faut relativiser. Si la charnière brestoise a si bien tenu, c’est peut-être parce que les Tourangeaux n’ont absolument rien réussi ni même tenté. Ce sera une autre paire de manche au Havre lundi, puisque les Havrais restent sur 4 victoires consécutives, acquises avec la manière. Mais si cette belle performance face à un adversaire « resté à Tours », dixit son entraîneur, peut redonner confiance aux arrières brestois nous nous en contenterons.

Battochio & Monrose s’imposent  !

C’est peut-être l’enseignement le plus intéressant de ce match. Annoncé comme le leader technique de cette équipe, Christian Battochio a vécu des débuts mitigés, et ce notamment à cause de l’incompréhensible décision de l’exiler sur l’aile gauche ces derniers matchs. De nouveau dans l’axe, il a régalé tant par sa conservation de balle que par ses ouvertures. Sûrement mis en confiance par son but aussi beau qu’improbable, il a également fait un très bon travail à la récupération et a survolé le match. Il aura fallu du temps, mais il semble qu’Alex Dupont ait finalement compris que l’italo-argentin est un des meilleurs joueur axial* du championnat.

Magistral vendredi, Christian Battochio a enfin retrouvé sa place dans l'axe.(Crédits photo : JM Louarn, pour finistère-foot.fr)

Magistral vendredi, Christian Battochio a enfin retrouvé sa place dans l’axe.(Crédits photo : JM Louarn, pour finistère-foot.fr)

Mais ce n’est pas la seule bonne surprise, et là aussi la situation est la même : Steven-Joseph Monrose, joueur de couloir, a vécu des débuts difficiles à Brest car aligné en pointe par le coach Brestois. Mais avant-hier, il a retrouvé son vrai poste et a régalé tant par ses appels que par ses prises de balles. Son but est le résultat d’une belle action individuelle, et doit lui donner la confiance pour les semaines à venir. A condition qu’il reste sur son couloir : en effet, aussi incroyable que cela puisse paraître, lorsque l’on fait évoluer un joueur à son poste son rendement est nettement meilleur.

*: Lors du déplacement à Dijon, le consultant de BeIn Sports Samuel Ollivier a osé demander à Alex Dupont pourquoi Christian Battochio n’évoluait pas dans sa position, c’est à dire en meneur de jeu. Etonnament (sic), le technicien brestois s’était montré très énervé qu’on ose le lui signaler.

Des entrants compétitifs ?

Si Monrose a su tirer son épingle du jeu, ce n’est pas le cas d’un Kévin Koubemba trop nonchalant et réellement peu inspiré. Attaquant axial, ce replacement sur le côté gauche ne semble pas lui convenir et ça se voit. Mais il devra faire des efforts s’il veut conserver un temps de jeu raisonnable : en effet, Alexandre Cuvillier et Alexandre Alphonse ont réalisé une rentrée plus qu’encourageante, après avoir été exclus du groupe de manière incompréhensible. A ce retour en force des 2 Alexandre, il faut également compter sur Bryan Pelé qui devrait revenir dans le groupe une fois rétabli. Si on y ajoute l’efficacité glaciale d’Adnane, dont il a une nouvelle fois fait preuve ce week-end, cette équipe du Stade Brestois pourrait faire peur offensivement. A condition de ne pas recommencer à abuser des longs ballons, comme l’affectionne Alex Dupont. C’est d’ailleurs le seul.

Cela n’excuse rien

Mais toujours est-il que Brest a fait une performance intéressante, bien que pas spécialement emballante, et aboutie. On a également eu droit à la première apparition en professionnel de Corentin Jacob grâce à… Julien Lachuer qui a, selon divers témoignages de la tribune Foucauld, insisté pour faire rentrer le jeunot. Pour une petite minute certes, mais on espère que ce sera le début d’une belle et grande carrière. Du côté de Brest si possible.

Mais voilà où le bat blesse : Brest a gagné 3-0, en jouant (très) relativement bien, s’est montré solide défensivement et un jeune est enfin rentré en jeu. Du progrès assurément. Mais c’est insuffisant pour tout oublier, et dézinguer à tout va ceux qui ont réclamé, comme depuis plusieurs mois, la démission de l’entraîneur. Nous ne citerons pas de nom, mais à en lire un certain quotidien local (qui avait jusqu’ici ignoré les contestations dirigées contre Alex Dupont et s’est, subitement, exprimé sur celles-ci pour les dire injustifiées), le Stade Brestois vient de prendre la 1ère place du classement grâce à un génialissime entraîneur et un jeu lêché. Malheureusement, la réalité en est toute autre : Brest est aujourd’hui 9ème, et semble destiné à rester dans le ventre mou avec un entraîneur qui se fait moquer par les équipes de BeIn Sports et qui propose un jeu de si grande qualité que les travées de Francis Le Blé semblent se vider match après match. C’est un triste constat, et très peu de supporters sont aussi enthousiastes que la presse locale quant à la suite de la saison : en effet, un simple match ne peut pas tout effacer et ramener Brest à son statut. Pour ce faire, il faudra enchaîner les bonnes prestations et les bons résultats. Bien que nous soyons particulièrement pessimiste sur la question on vous le confesse : on aimerait bien y croire. Une belle victoire au Havre serait une belle manière de confirmer cette embellie et faire renaître la passion.