4 Fév 2016

Posted by in a la une, Interviews | 0 Comments

« Il est temps que ce foutoir cesse »

« Il est temps que ce foutoir cesse »

ENTRETIEN CROISÉ. Nous sommes allés à la rencontre des présidents des trois groupes de supporters (Benoit pour l’Hermine29,  Antoine pour les Ultras Brestois et Frédéric pour les Celtic Ultras) afin d’avoir leurs ressentiments sur la situation du SB29, des actions à venir et de la grève des chants qui semble perdurer. 

Tout d’abord, la défiance du public envers les dirigeants semble de plus en plus prononcée. En tant que responsables supporters, comment l’expliquez-vous ?

Antoine : Le public, ici, en a marre de la gestion du club. Il y a aussi une non reconnaissance envers le public, qui dans son ensemble est pris pour des vaches à lait. Il nous ressort à chaque fois qu’il a mis du pognon. Il y’a que le pognon qui compte pour lui, sauf quand le pognon vient de chez nous… Quant à Dupont, il est borné, il a son système et s’entête malgré les recommandations de tous les observateurs, et même du staff a priori.

Benoit : Nous, de notre côté, le club ne nous a pas concerté sur le fait d’avoir des invitations au-dessus de notre carré en Arkéa. Jusqu’au point que la sécurité nous menace de nous exclure du stade… Ce ne sont pas des comportements acceptables. Nous sommes debout à chanter depuis 10 ans. On est un peu la continuité de la RDK, on tient à le rester.

Frédéric : Un grand ras-le-bol d’entendre sans cesse le même argument au sujet de l’argent. Un club de foot n’est pas une SARL à ce que je sache. On en a marre de passer pour des cons, il n y a qu’à voir son pétage de câble après le dernier match à domicile qui est sa derniere frasque en date. Le public en général commence à avoir hâte que la saison se termine.

Le président Kermarec semble très critique envers les supporters, et plus particulièrement envers vos associations… Le dialogue semble impossible, non ?

A : Il aimerait bien un public qui chante, nombreux, mais que s’il est dans son sens. Quand les supporters vont à l’encontre de ses intérêts, ça devient différent… . A partir de là, le dialogue devenait impossible, mais ça ne venait pas de nous. Par exemple, on avait contacté le SB pour une animation festive (qu’il aime bien, soi-disant..) pour nos 25 ans, et on n’a pas eu de réunion, le truc a été enterré : Il a d’abord décalé le rendez-vous après ses vacances, puis ensuite, c’était silence radio. Par ailleurs, nous n’avons pas eu de réunion de fin de saison, comme de début de saison. Pour être un président qui n’est pas de pacotille, parait-il, ça la met mal.

B : J’aimerais bien qu’il y ait un contact d’ici la fin de saison, mais à mon avis, il ne le fera pas, vu comment c’est parti… Ce serait bien qu’on sache déjà ce qu’il va se passer pour la saison prochaine, on ne sait pas vraiment où on va. C’est surtout l’avenir qui est inquiétant. Qu’on ne se retrouve pas sur le fait accompli l’été prochain, avec quelqu’un avec qui on n’aura pas pu travailler avant.

F : Après la dernière réunion que nous avions eue avec le club, je me suis dit que je ne me rendrais plus au siège pour perdre mon temps a écouter des conneries. Trop, c’est trop.

Quels sont vos sentiments après « le pétage de plomb » d’Yvon Kermarec ? Vous réclamez des excuses ?

A : En tant qu’Ultras Brestois, on n’était pas là officiellement, on était en grève. Il a simplement pété un câble contre des individualités qui auraient pu être n’importe lequel de ses nombreux invités lors des derniers matchs. Pour les excuses, j’en attends pas réellement sur le moment, mais j’espère l’honnêteté et le courage, avec son compère Dupont, de rencontrer les supps avant leurs départs respectifs.

B : S’il s’excuse, ça va être un truc encore pour essayer de sauver la face… Il l’a fait pour essayer de narguer les supporters, faire en sorte que les gens croient qu’il a raison… Pour un président, ce n’est pas très cohérent tout ça… Et puis, pourquoi aller saluer Thébaux devant la RDK, alors que le contexte est très tendu, surtout devant le Kop. Dans de telles conditions, ce n’est pas forcément malin.

F : Comme pour les Zubés, nous n’etions pas au stade. Maintenant aurons-nous un tête-à-tête avec le président et l’entraîneur d ici la fin de saison…?

Qu’avez-vous décidé au sujet de la grève des chants qui dure déjà depuis plusieurs matchs ? Sera-t-elle reconduite ? Si oui, pour quelles raisons ?

B : La grève sera reconduite demain, il faut bien préciser que ce n’est pas un boycott. Si la personne veut se rendre au stade, qu’elle y aille… Après, on prend cela match après match. Par rapport au geste de Kerma, on ne pouvait pas rependre les chants comme si de rien n’était. Par ailleurs, rien n’a vraiment évolué, que ce soit sur le plan sportif, que sur les contacts avec la présidence. Statu quo, en somme.

A : Le début de la grève était pour demander l’éviction ou la démission de Dupont, peu importe ce que cela peut coûter au Stade Brestois. Car ça pourrait en coûter bien plus au club à la fin de saison. Il y a trop peu de joueurs qui s’impliquent, à notre sens. Après, on sait qu’ils sont tributaires des choix de l’entraineur. Si on nous demande de reprendre les chants, il faut aussi une contrepartie.

F : Comment pourrait-on reprendre les chants ? Ce serait pour moi abandonner. Or, en cette deuxieme partie de saison, j’ai le sentiment personnel que davantage de personnes suivent ou comprennent notre ras-le-bol. Reprendre comme si de rien n’était serait une erreur. Même si nous ne jouons plus notre rôle de 12e homme en tribune, c’est dur pour nous comme pour certains joueurs, mais nous assumons et certains glandeurs sur la pelouse…comme sur le banc ont leurs responsabilités.

Que dites-vous aux gens qui disent « Un supporter, c’est fait pour chanter » et qui ne comprennent pas vraiment cette décision ?

B : On empêche personne de chanter à notre place ! Un supporter, dans ma vision, ce n’est pas fait que pour chanter, c’est aussi suivre son club au quotidien. C’est un mode de vie, pour nous. Voir notre club menacé, c’est pas anodin. Et il ne faut pas croire que ce n’est pas un crève-cœur de ne pas aller au stade ou de ne pas chanter….

A : En tant que responsable d’asso, ce sont des décisions lourdes. On passe 10 fois plus de temps à organiser une grève que des encouragements. Demandez donc à M. Kermarec, depuis combien de temps les associations de supporters n’ont pas fait une grève aussi longue… Et pourtant, rien ne change….

F : Ce n’est pas facile de rester à la porte de sa tribune et de son stade au lieu d’aller s’éclater la voix pour encourager l’équipe… On ne fait pas ça par caprice ou autre mais parce qu’il est temps que ce foutoir cesse…

C’est une décision forte ! On suppose que d’autres actions seront développées à l’avenir, notamment au sujet des jeunes… Vous allez continuer à les suivre ?

A : Bien évidemment ! On a pris du plaisir l’autre jour, c’était fort. On a vu qu’ils en prenaient aussi, c’était une vraie communion. On sentait que c’était sincère ! Dès le coup de sifflet final, on attendait avec hâte le prochain tour. Et de voir tous ces talents qui n’ont pas leur chance, ça fait mal au cœur. Il faut saluer aussi le travail réalisé par les éducateurs.

B : Pour la Gambard’, on va continuer à les suivre, on fera le déplacement à Plouvorn ou Vannes, c’est clair. Les U19, c’était une des conditions pour que l’Hermine 29 suive le mouvement, on a une dizaine d’adhérents qui suit les jeunes, même si on est pas nombreux. On prouve en cela qu’on est toujours fidèles à notre club. Par ailleurs, on bâchera aussi pour le prochain tour de coupe de Bretagne de l’équipe C qui est tenante du titre.

F : Ce sont des jeunes qui promettent et les regarder jouer, c’est extremement plaisant. Et le nec plus ultra, c’est de partager la joie qu’ils éprouvent en fin de match. J’espère que ces talents ne seront pas gâchés ! Je salue l’implication de toute l’équipe et le staff qui les entourent.

Un mot pour terminer ?

A : Malgré les épreuves que l’on subit, je suis très fier de l’unité que l’on a réussi à avoir. On a quand même bien hâte, dans les assos, que cette saison se termine. Et Allez Brest quand même !

B : Comme Monsieur le président nous le demande, il faut remercier ceux qui ont fait l’histoire du stade, je remercie les membres qui ont fait l’Hermine depuis 10 ans. Pendant ces années, on a fait l’équivalent de deux tours du monde et demi pour supporter notre club, en déplacement. Alors que nos membres n’ont pas des finances extensibles et peuvent avoir des vies familiales compliquées parfois. Proportionnellement parlant, si on prend nos faibles revenus en compte, nous mettons plus que certains partenaires du SB29. Il faut le souligner.

F : La fin de saison approche, nous avons hâte au changement, repartir sur quelque chose de nouveau et ouvrir un nouveau chapitre, tout simplement !