30 Mai 2016

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Furlan : le football dans le sang

Furlan : le football dans le sang

Après six ans de Dupont (entrecoupés d’une petite touche de Martins, ainsi que de Chauvin), le Stade Brestois se devait de trouver un homme d’expérience pour s’asseoir sur son banc afin d’entamer avec confiance la saison 2016-2017, première de l’ère Le Saint.

Alors qu’il avait prévu de remplacer Yvon Kermarec depuis de longs mois, le nouveau président aura mis du temps avant de trouver son nouvel entraîneur. Deux noms sont d’abord sortis dans les médias, à savoir ceux de Christian Gourcuff et de Pascal Dupraz. Toutefois, ce dernier s’est engagé à Toulouse, où il a parfaitement joué son rôle de sauveur, puisque le TFC s’est maintenu à la dernière journée. Gourcuff, quant à lui est bien en Bretagne (quoi que), mais à Rennes, où il remplace Rolland Courbis.

Le nom qui aura fait le plus parler depuis la fin de la saison, est celui d’un ancien de la maison : Paul le Guen. « PLG », comme il est coutume de l’appeler sur les forums ou autres réseaux sociaux, semblait avoir des demandes trop importantes, auxquelles le nouveau président brestois ne pouvait donner satisfaction. Pourtant, il se dit qu’un accord aurait bel et bien été trouvé entre les deux parties, il y a plusieurs jours, avant que Le Guen ne se rétracte et change d’avis.

Devant cette incapacité à trouver un terrain d’entente viable, Denis Le Saint a changé son fusil d’épaule, afin de ne pas perdre davantage de temps. Si le nom d’Olivier Guégan, ancien capitaine des Rouge et Blanc, revenait régulièrement (et très souvent, à tort…), c’est finalement un habitué de la Ligue 2 qui s’est engagé avec Brest : Jean-Marc Furlan.

Si son nom est connu, nous vous proposons de découvrir davantage ce personnage, qui devrait être sur le banc brestois jusqu’en 2019.

Un ex-joueur professionnel

Jean-Marc Furlan est né le 20 novembre 1957 à Sainte-Foy-la-Grande, en Gironde. Il est davantage connu dans le milieu par sa carrière d’entraîneur que de joueur. Pourtant, il a bel et bien été joueur professionnel (420 matchs au poste de défenseur central de 1975 à 1993). C’était un athlète plutôt « globe-trotter » puisqu’il a évolué dans pas moins de dix clubs (Bordeaux, Montpellier, Laval, Lyon, Tours, Bastia, Arras, Lens, Saint-Seurin puis Libourne). C’est sous le maillot du FC Tours qu’il a joué le plus de matchs (123 en trois saisons).

En terme de palmarès, il a remporté la coupe Gambardella avec Bordeaux en 1976 ainsi que le championnat de Ligue 2.

Un entraîneur d’expérience en Ligue 2

En tant que coach, Furlan a dirigé Libourne, Strasbourg, Troyes, Nantes, et donc Brest, depuis la signature de son contrat, le 30 mai 2016. C’est à l’ESTAC qu’il obtient ses meilleurs résultats. Il parvient à faire monter le club à deux reprises dans l’élite du football français. Toutefois, il peine à s’imposer au plus haut niveau, puisqu’il ne parvient jamais à maintenir le club (19ème en 2012, limogé en 2016).

A l’aube d’une nouvelle aventure, la direction redistribue les cartes. Le staff entier (à l’exception de Julien Lachuer) devrait être éconduit. Des proches de J-M Furlan devraient l’accompagner.

Contrairement à beaucoup de coachs français stéréotypés, il existe une véritable « méthode Furlan », portée davantage vers l’offensive. Son baptême en pro, à Troyes en 2004, est une véritable réussite : il accède dès sa première saison en Ligue 1 et remporte par la même occasion le titre de Meilleur Entraîneur de Ligue 2. Son palmarès d’entraîneur ne s’arrête pas là…

Il était sans club depuis environ 6 mois et son éviction de Troyes. Il aurait pu ne jamais signer à Brest, puisqu’il était pressenti à Valenciennes en cours de saison. Il avait toutefois repoussé l’offre des Nordistes.

S’il n’est pas utile de détailler toutes ses saisons en tant que coach, nous pouvons revenir sa dernière en L2, sûrement la plus aboutie. Il remporte le titre avec l’ESTAC, glanant pas moins de 78 points en 38 journées. Avec 61 buts marqués, pour 24 encaissés et une différence de +37, le club a terminé meilleure attaque et meilleure défense du championnat.

Il aime faire jouer ses équipes en 4-4-2 losange. La volonté de faire jouer deux attaquants ensemble fait partie de sa personnalité. Toutefois, il a aussi opté pour le 4-2-3-1, par le passé.

Son palmarès d’entraineur complet :

–      Montée de CFA 2 en CFA en 1998/99 avec Libourne-Saint Seurin.

–      Montée de CFA en National en 2002/03 avec Libourne-Saint Seurin.

–      Trois montées de Ligue 2 en Ligue 1 en 2004/05, 2011/12 et 2014/15 avec l’ES Troyes AC.

–      Coupe de la Ligue : quart de finale en 2012/13 avec l’ES Troyes AC (en Ligue 1) et demi-finale en 2013/14 avec l’ES Troyes AC (Ligue 2)

–      Coupe de France : quart de finale avec Libourne (CFA) en 2001/02 et demi-finale avec l’ES Troyes AC (Ligue 1) en 2012/13.

–      2 trophées UNFP de Meilleur Entraîneur de Ligue 2 en 2004/05 et 2014/15 avec l’ES Troyes AC.

–      Champion de France de Ligue 2 en 2014/15 avec l’ES Troyes AC.

Un entraîneur-formateur.

Ancien vainqueur de la Gambardella en tant que joueur, il a gardé cette fibre jeune tout au long de sa carrière. Nul doute que la très belle performance des jeunes brestois dans cette compétition l’an dernier lui a donné des gages concernant la qualité de formation du club.

Alors que l’Euro se profile dans quelques jours, une des pièces essentielles de l’Équipe de France a été lancée en professionnel par Furlan lui-même : il s’agit de Blaise Matuidi. Furlan dit d’ailleurs de lui qu’il est l’un des « meilleurs du monde, à son poste ».

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Blaise Matuidi opposé à Hatem Ben Arfa lors de Lyon-Troyes.

Enfin, qualité primordiale de Jean-Marc Furlan : il est un réel passionné de ballon-rond, comme en témoignent ces vidéos disponibles sur internet.

Pour le moment, Furlan ne s’est pas exprimé depuis l’officialisation de son arrivée. Toutefois, nous pouvions lire la semaine dernière dans les colonnes de Ouest-France « Oui, c’est vrai que la situation sportive n’est pas simple, lance Furlan. Il doit rester une douzaine de joueurs. Mais c’est un projet passionnant, sur du long terme, afin de reconstruire une équipe. Brest, c’est une terre de foot, une région de foot, il y a un potentiel extraordinaire ici ». Le nouvel homme fort du Stade Brestois semble donc lucide sur le défi qui l’attend, tout en reconnaissant un potentiel pour effectuer de belles choses.

Toute l’équipe d’Allez-Brest lui souhaite de réussir à nous redonner le goût du Stade Brestois, et de nous faire oublier les trois dernières saisons. Bon courage Jean-Marc !