3 Fév 2015

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Dupont : de l’audace, bordel !

Dupont : de l’audace, bordel !

Après avoir concédé un match nul aussi frustrant qu’insuffisant face au promu orléanais, les critiques se sont abattues sur l’équipe brestoise. Et plus particulièrement, sur son coach, Alex Dupont. Accusé d’avoir manqué d’ambition, de ne pas savoir faire la part des choses ou encore de ne pas savoir tenir le score, l’entraîneur brestois a donc subi la première volée de critiques de la saison. Pour autant, peut-on remettre sa place en question ?

Bien évidemment que non. Si l’on exclut l’excellente relation qu’il entretient avec le président Kermarec, mais également avec un public qui se souvient de la montée « surprise » lors de la saison 2009-2010, « Sir Alex » a démontré à plusieurs reprises qu’il était l’homme de la situation.

Un meneur d’hommes sans pareil

L’an dernier tout d’abord : alors que l’équipe enchaînait contre-performance sur contre-performance, il a su garder le groupe solidaire, et maintenir un état d’esprit qui a ensuite permis l’incroyable remontée des Ty Zefs au classement. Alex Dupont l’a montré sur cette période : il est un meneur d’hommes sans pareil, et c’est important (l’expérience Chauvin l’a démontré).

Cette saison encore, il l’a montré : en parvenant à créer une très bonne dynamique (parfois avec de la réussite) de la 5ème à la 17ème journée ! Pour ce faire, il a souvent eu recours à son expérience : n’hésitant pas à finir avec cinq défenseurs, et pratiquant un football souvent jugé trop défensif, Alex Dupont a en mémoire les éléments qui avaient bien fonctionné lors de sa précédente expérience à Brest, notamment lors de ses débuts en Ligue 1 (premier après 11 journées ! ). Mais alors, c’est quoi le souci ?

Trop défensif ?

Le souci est dans ce jeu défensif, souvent sans risques, qui permet certes pour l’instant d’obtenir de bons résultats puisque les Brestois sont sur le podium. Mais, alors que les Brestois ont l’étiquette de favori accrochée au dos, voir l’équipe déployer un jeu efficace mais rarement flamboyant peut apparaître comme une déception pour certains. Ceux-là même mettent, à raison, en avant le manque de buts (25 buts marqués en 22 matchs et seulement 38 buts en 38 matchs l’an passé), mais également le coaching du Nordiste.

En deux semaines, on peut citer deux exemples parfaits : dans les dernières minutes du match face à Angers, le technicien brestois hurlait à ses joueurs de conserver le ballon, de repasser derrière, dans le but de conserver un bon point (Alex Dupont l’a reconnu lui-même). Et finalement, la désobéissance et la fougue (certains diront même l’ambition) de Wilfried Moimbé ont permis d’obtenir trois points inespérés et qui pourraient se révéler ô combien importants !

La semaine suivante, face à Orléans, les Brestois étaient parfaitement entrés dans le match et menaient logiquement, face à un promu qui a montré un visage bien triste pendant 90 minutes, et qui aurait du repartir du Finistère avec deux voire trois buts dans les filets. Sauf qu’Alex Dupont avait décidé de reculer et de subir. Sans doute trop confiant en sa défense (qui pourrait lui en vouloir ?), Alex Dupont a une nouvelle fois préféré la solution défensive à la solution offensive.

Bien sûr, il ne faut pas oublier le banc de fortune dont disposaient les Finistériens ce soir-là. Mais tout de même, si Brest avait accéléré ne serait-ce que 15 minutes de plus, le résultat aurait sans aucun doute était bien différent. Mais le non-passage à cinq derrière (Martial étant pourtant sur le banc) semble traduire une hésitation du technicien, partagé entre une recette qu’il affectionne et qui a marché, et les attentes d’un public exigeant et ambitieux. Vendredi soir, cette hésitation a couté deux points au Stade Brestois.

Il reste désormais à Alex Dupont à faire les bons choix pour rendre cet échec anecdotique, et le mercato hivernal lui en a donné les moyens, avec le recrutement de quatre joueurs appelés à évoluer aux avants-postes. Pour un jeu offensif ET efficace ? L’avenir nous le dira.