Une petite interview très intéressante...
Surtout pour la bière
Inspirons-nous de l’Allemagne »
Henri Legarda, le président du Mans, est convaincu que la réfection des stades donnerait un autre élan à la L 1.
Le Mans détient, après six journées, la plus faible affluence de Ligue 1 et perd également une moyenne de quinze cents spectateurs par match. Est-ce inquiétant ?
Si, comme l’an passé, on avait déjà reçu de grands clubs, la statistique serait inversée. Nous avons trente mille demandes pour le match de Marseille, samedi à Bollée, et nous ne pourrons en satisfaire que seize mille. Dès samedi soir, nous serons à jour. La petite baisse enregistrée aux guichets ne m’inquiète pas le moins du monde.
L’inconvénient est que la baisse est généralisée à toute la L 1. Le problème serait-il lié à l’augmentation du prix des places et à la baisse du pouvoir d’achat ?
En préambule, je précise tout de même que la Ligue 1 a perdu Lens. Et Bollaert, c’était trente mille spectateurs par saison de moyenne. À part ça, pour moi, le problème est ailleurs. Arrêtons de nous voiler la face ! Si on veut enrayer la baisse que vous dites généralisée, je réponds : faisons des stades conviviaux et confortables, qui seront autorisés à vendre de la bière. Inspirons-nous de l’Allemagne, où ça marche très fort. Entre le sponsoring et le caterring (la restauration au stade), la Bundesliga fait 580 millions d’euros par saison. Tous les pays qui ont fait des efforts dans les stades ont progressé. Et Le Mans leur emboîtera le pas avec son nouveau stade en 2010.
Avez-vous augmenté le prix des places ?
On n’y a pour ainsi dire pas touché. Les places qui ont augmentésont celles des VIP, et encore très raisonnablement. Ils sont six cents à vouloir une loge et nous ne pouvons en accueillir que trois cent quatre-vingts. La solution est dans la conception du stade : le spectateur doit être reçu dans des conditions dignes du XXIe siècle, confortables et conviviales. Aujourd’hui, on assiste à un match de football comme on allait au cinéma dans les années 1990. Le jour où on construira des stades comme le ciné a construit ses multiplex, on aura gagné.
L’équipe de France qui rate son Euro, est-ce que cela peut jouer dans la désaffection actuelle ?
Dans la dynamique, c’est toujours dommageable pour l’ensemble du football français. Une équipe de France qui perd génère un engouement plus faible que des Bleus qui gagnent. Mais l’appréciation est qualitative. On ne peut pas imputer aux Bleus la baisse relative des affluences, qui plus est après six journées.
Avec Le Mans, depuis le début de la saison, il y a en moyenne trois buts par match. Cela répond-il à votre attente ?
Ma grande satisfaction cette saison est d’avoir inversé le ratio de l’an passé : on marque plus de buts qu’on en encaisse, tout en restant fidèle à notre idée directrice, produire du jeu et attirer le spectateur. Dans les six matches du Mans, il y a eu dix-huit buts ; c’est le total le plus fort des vingt clubs de Ligue 1.
En priorité, que préconisez-vous pour reconquérir le public ?
Il y a besoin de booster, d’avoir un Championnat attractif et de jouer dans des stades accueillants. Avec de la bière !
Source : L'Equipe du 23/09/2008