Histoire

Un oppidum à l’origine :

    Au 3ème siècle après JC , les romains ont fait édifier un « oppidum »(camp romain) afin de protéger la Gaule des invasions des pillards saxons, place forte dont les fondations serviront à l’époque carolingienne à l’érection du château (situé au bas de la rue de Siam, et dans lequel la Préfecture Maritime siège actuellement). Les 4e, 5e et 6e siècles voient l’arrivée des communautés de Bretons, venant du Pays de Galles et Cornouaille essentiellement.
Par la suite, le château sera la propriété des comtes du Léon, avant que la ville de Brest ne soit rattachée en 1240 par le duc de Bretagne, Jean Ier.

Dès lors, nombreux seront ceux qui essaieront de conquérir cette place stratégique.

   Les conquêtes anglaises: lors de la guerre de Succession en 1341, Brest est plongée dans la tourmente: Jean de Monfort, allié des Anglais, leur confie la garde de la ville et par la même occasion leur livre le château. Du Guesclin en 1373 et Clisson en 1378 essaient en vain de reprendre la place forte, face à un ennemi bien installé. En 1397, enfin, Charles 6 obtient du roi d’Angleterre, qui vient d’épouser sa fille aînée, que Brest soit restituée -à prix d’or- au duc de Bretagne.

   La Ligue:

    Au 16e siècle, Brest connaît les assauts de la Ligue. En 1594, les Espagnols soutenus par les ligueurs sont repoussés par les gouverneurs ayant pris parti pour Henri 4.

   Le port militaire:

    En 1631, la grosse bourgade est en guerre contre les anglais et les espagnols, lorsque Richelieu décide d’en faire le plus grand port de la Marine Royale. Ce projet va se concrétiser sous Louis 14.

« Un port royal, pourvu de tous les avantages qu’on saurait désigner, et d’une manière aussi complète que si Dieu avait pris plaisir à le faire exprès » (Vauban)

   L’oeuvre de Colbert (17e siècle):

    Colbert, le plus grand ministre que la marine française ait connu, achevant l’oeuvre de Richelieu, fait de Brest la capitale maritime du royaume. Il affecte 80 vaisseaux et plusieurs centaines de bateaux. Pour s’assurer de bons équipages, il crée l’Inscription Maritime qui subsiste encore. Après leur service militaire, les pêcheurs peuvent être appelés par la Marine Nationale de 18 à 48 ans, mais l’Inscription Maritime les prend en charge ainsi que leur famille pour toute leur vie. Colbert installe aussi à Brest un collège de gardes-marines, des écoles de canonnage, d’hydrographie et de Génie Maritime. Enfin, il fait construire l’arsenal dès 1664. De ce prodigieux effort sort une flotte magnifique. Les vaisseaux atteignent 5000 t, portent jusqu’à 120 gros canons. Ils ont des proues et des poupes sculptées auxquelles travaillent, à Brest, des artistes comme Coysevox
Duquesne améliore l’arsenal, entoure la ville de remparts et organise la défense du goulet. Vauban complètera ces travaux. Tourville apporte un gros progrès au mouillage en rade: il fait disposer des « corps morts », bouées fixes sur lesquelles les navires s’amarrent.

   Le 18ème siècle verra  la ville s’enrichir de nouvelles constructions:

  • 1752: l’Académie Royale
  • 1769: la promenade surplombant la rade (concue par l’architecte d’Ajot)
  • 1746 à 1784: agrandissement de l’Arsenal
  • 1749: le bagne « ouvre » ses portes

    La population brestoise atteint 30.000 habitants en 1789, composé de soldats et de marins.

   Le 19ème siècle: le début de l’industrialisation se fait vers 1820,avec l’arrivée de la vapeur et de l’hélice. De nouveaux ateliers sont édifiés, l’arsenal se modernise, des écoles spécialisées prennent place dans la ville.

  • 1861: Un pont est construit entre Recouvrance et Brest
  • 1865: la liaison chemin de fer Brest/Paris est exploitée
  • le port de commerce est construit hors de la Penfeld

    Brest durant la guerre:

    En juin 1940, à l’annonce de l’arrivée des Allemands, les marines de guerre et de commerce françaises évacuent rapidement le port, détruisent les installations et mettent hors de service les ponts et des bâtiments dont trois sous-marins en cours de finition.
Le port, immédiatement utilisé par l’ennemi qui construit à Laninon un abri bétonné pour sous-marins, constitue une position stratégique idéale pour les Allemands et une menace considérable pour les convois alliés naviguant entre l’Amérique et la Grande-Bretagne.
Cette situation a valu à la ville quatre années de bombardements. En septembre 1944, quand les Américains réussissent à pénétrer après 43 jours de siège, ils ne trouvent que des ruines.
La reconstruction est dirigée par J.B. Mathon, et va durer une dizaine d’année.

   Aujourd’hui, la capitale de la Bretagne Occidentale a retrouvé son dynamisme. Toujours premier port militaire français, cette vocation n’est plus unique. Le port de commerce et l’industrie se sont développés, profitant des atouts qu’offre la rade.
Brest est le deuxième centre universitaire de Bretagne et des grandes écoles.