15 Juin 2016

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Brest sait-il vendre ?

Brest sait-il vendre ?

Alors que Gaëtan Belaud et Joan Hartock ont accepté de prolonger avec le Stade Brestois, Simon Falette a quant à lui choisi de répondre aux sirènes de la L1. Et ce n’est pas le premier… L’an dernier, Ismaël Traoré et Wilfried Moimbé suivaient le même chemin. Les trois joueurs ont quitté le club sans lui rapporter un centime.

La question mérite de se poser : Brest sait-il vendre ses joueurs ? Les exemples récents laissent croire que non.
Si on n’est pas étonnés de voir partir un Abel Khaled ou un Chahir Belghazouani pour pas un sou, on aurait bien aimé qu’il en soit autrement des meilleurs éléments brestois. Des joueurs qui s’en vont au terme de leur contrat pour la plupart, mais pas toujours… Ainsi, l’an dernier, les dirigeants auront libéré leur capitaine pour le laisser s’engager… chez un concurrent en Ligue 2 !?!
Autre exemple flagrant de l’incapacité à vendre des Zefs, Alexis Thébaux, pourtant reconnu comme un des meilleurs gardiens de Ligue 2 à l’époque, et dont beaucoup d’observateurs s’accordaient pour dire qu’il a progressé sous les commandes de Julien Lachuer, a été bradé à un promu alors qu’il avait été acheté plus d’un million d’euros quelques saisons auparavant. Exception à la règle, Charlison Benshop a été miraculeusement vendu au prix où il a été acheté.

La vision à long terme pour les ventes et achats semble inexistante. Le meilleur exemple est peut-être le cas de Johan Martial, à qui on a laissé courir (ou plutôt trottiner) jusqu’au terme de son contrat en réduisant considérablement son temps de jeu, alors qu’il aurait sûrement été bien plus judicieux de le vendre tant qu’il avait encore la cote sur un marché de plus en plus frileux.

La frilosité du marché. Elle n’est pas à sous-estimer. Jusqu’au milieu de tableau de L1, les clubs sont à l’affût de bonnes affaires et n’hésitent pas à engager les meilleurs joueurs de L2 lorsqu’ils arrivent à la fin de leur bail.
Peut-on alors en vouloir aux mêmes acteurs de jouer la montre lorsqu’il faut donner son accord pour rempiler sous le même maillot. Gaëtan Belaud l’a admis lui-même : il a d’abord attendu une offre de l’élite qui n’est pas venue. Car, en signant à Brest, bon nombre d’éléments visent plus haut, voulant profiter notamment d’une bonne exposition médiatique en comparaison des autres clubs de L2 (l’ogre télévisuel lensois excepté), et l’annoncent même parfois maladroitement dès la signature (** tousse ** Sané ** tousse **). Si leur objectif premier est d’accéder à l’élite en obtenant la montée avec les Zefs, ils ne s’accordent généralement que deux à trois ans pour y parvenir, et c’est ce que le club a bien compris, en proposant ses fameux contrats à 2 + 1 années.

Alors, Brest ne sait-il pas vendre, ou Brest ne sait-il pas prolonger ? On peut s’étonner que les propositions de nouveau contrat soient faites presque exclusivement au dernier moment. Le contexte, avec un nouvel entraîneur et un nouveau président, a beau être particulier, il est anormal d’avoir attendu si longtemps pour envoyer une offre aux cadres de l’équipe. Mais les joueurs en question auraient-ils accepté pour autant ? Brest est peut-être bien pris au piège dans sa position de club tremplin.